13/04/2008

Vivre avec SolAm

A chaque parution, la "Lettre d'Amitié" propose un thème. Thème de réflexion, de partage, auquel chacun/e peut réagir selon sa propre sensibilité. Le dernier thème concerne le sens de la vie. On se doute qu'il n'est pas nécessairement le même pour toutes et tous. Nous vous offrons ici deux regards posés sur un sujet qui interpelle

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onner un sens à sa vie         Quand on est jeune, la vie suit son cours. On est pris part les études, on a un but : « réussir » et puis, trouver un job. Si on ne l’a pas rencontré avant, vient l’amour et c’est merveilleux… Dès lors tout s’enchaîne, le mariage, les enfants, la vie de couple en famille ; tout se passe bien, la vie est belle. On est tellement pris dans le tourbillon de la vie qu’on ne se rend pas compte du temps qui passe, on est heureux et jamais on ne pense que cela peut s’arrêter… jusqu’au jour où malheureusement tout s’écroule. Et c’est la descente aux enfers.          On ne comprend pas pourquoi cela nous arrive à nous. Tout semblait si parfait, pas une vie de château certes, mais c’était ma vie avec tout ce qu’elle contenait. Quand on est arrivé au plus bas, là où la vie n’a plus aucun sens, plus aucun but, là où on se laisse envahir par la culpabilité, la haine, la colère, le désarroi, la déprime, je dirais qu’on est tenté de se laisser aller vers le néant afin que tout s’arrête. Tout le bonheur s’est transformé en douleur, les joies en peine, les projets sont réduits à néant. Quand on en est là, on ne peut aller plus bas, donc on ne peut que remonter petit à petit, jour après jour et redonner un nouveau sens à sa vie. Car nous ne sommes pas seuls au monde et au plus profond de notre âme et conscience, il y a encore une étincelle de vie, de force, qui nous entraîne malgré nous sur un autre chemin, au carrefour de notre vie là où il faut choisir… Choisir entre de l’anéantissement ou le renouveau ! J’ai choisi le renouveau. Mais comment donner un sens à ma vie après tout cela ?   J’ai d’abord fait un travail sur moi et je me suis aperçue qu’il y avait des possibilités qui s’offraient ; ce ne fut certes pas facile de prendre certaines décisions, de me lancer dans ce monde inconnu de moi et je dois avouer que c’est la peur au ventre que j’ai franchi les étapes pas à pas, que  j’ai saisi ce qui se présentait à moi. Je n’ai jamais entendu dire que la vie est un long fleuve tranquille… Heureusement d’ailleurs qu’il y a des obstacles, car dans la vie il faut du mouvement pour ne pas s’enfermer dans l’ennui. Quand je regarde ma vie passée et celle d’aujourd’hui, bien que je ne regrette rien et que je compare, je me la représente comme une maison dans un grand pré avec une clôture. Là où la vie se passait bien, ce n’était pas le nirvana c’est sûr, ce n’était pas non plus la vie parfaite, mais c’était « la » vie qu’on avait construite en famille. Aujourd’hui, j’ai franchi les barrières et j’ai rencontré des personnes qui m’ont tendu la main quand j’en avais besoin, des personnes qui m’ont guidée afin que je puisse donner un nouveau sens à ma vie. J’ai fait de nouvelles rencontres, de nouvelles connaissances, de nouvelles amies ; je me suis lancée dans des activités tel le bénévolat, dans des formations,  des conférences, dans la passion des orchidées … J’en passe. Certaines sont restées, d’autres je les ai laissées… Au début j’ai foncé dans toutes les directions pour pouvoir trouver ce que je voulais vraiment. Tout ce que je fais désormais, je n’aurais pu le faire avant. Aujourd’hui, j’ai mes enfants et petits-enfants qui font mon bonheur. Beaucoup de choses ont changé et j’assume pleinement le chemin que j’ai emprunté. Je sais que la vie peut encore être belle si on s’en donne les moyens. Donner un sens à ma vie aujourd’hui, c’est être présente pour mes enfants, mes petits-enfants, mes parents, mes amies… Dieu sait que ma liste est beaucoup plus longue aujourd’hui qu’hier. Hier, je pouvais compter mes amies sur les doigts d’une main, maintenant les deux ne suffisent plus. Cela, c’est du bonheur. Il faut pouvoir faire table rase du passé ; non pas oublier mais construire afin de se donner toutes les chances d’un nouveau départ et de donner un nouveau sens à sa vie.                                                                                                                                                                                    Chantal   .
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onner un sens à ma vie                                                                          Il n’y a que deux conduites avec la vie  ou on la rêve ou on l’accomplit.   René Char             Donner un sens à la vie c’est retrouver le goût de la vie et l’apprécier pleinement.   Nous vivons, mais savons-nous pourquoi. Pour beaucoup d’entre nous, la vie n’a aucun sens. Ici, j’ai envie de reprendre le texte intitulé ‘A quoi sert la vie’ (lettre n°6).   Quelle est notre raison d’être ? Pourquoi se poser cette question ? La vie a-t-elle un sens, un but en soi, un sens en soi ? Rien ne peut aider à survivre aux pires conditions mieux que ne peut le faire la raison de vivre. Nietzsche a raison quand il dit que celui qui a une raison de vivre peut endurer n’importe quelles épreuves, ou presque… Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas de vivre sans tension, mais de bien tendre vers un but valable, de réaliser une tâche librement choisie. L’être humain est un animal social. Le philosophe Marc Aurèle dit ; ‘Nous vivons tous les uns pour les autres’, et l’engagement me semble jouer un rôle essentiel dans sa vie. L’engagement consiste à s’investir dans une démarche, une activité, une cause, un projet, une relation. Ou tout simplement dans son travail, pour peu qu’on l’aborde avec une ferveur particulière. L’engagement est souvent pris en fonction de l’autre, de la société, d’un groupe ou d’un individu. Il fait appel au sentiment social, il représente un défi à relever. L’engagement suppose la force de maintenir le cap contre vents et marées, de poursuivre en dépit de tout ce qui menace sa détermination. Et cet ennemi menaçant de la continuité c’est ce qui résiste à s’ouvrir, à donner, à s’engager. Car en un sens, c’est toujours aussi par rapport à soi que l’engagement est pris. Ce qui, si on tient bon, renforce l’estime de soi avec, forcément, le risque de l’ébranler, si on ne va pas jusqu’au bout de son engagement, c’est alors la dévalorisation…Par l’engagement, on donne sens à sa vie et l‘engagement donne une grande faculté d’enthousiasme devant plusieurs choses de la vie, une grande capacité de persévérance, en dépit des obstacles rencontrés et des sacrifices nécessaires, une réelle aptitude à réconcilier le positif et le négatif des choses de la vie. L’engagement est un important facteur de bonheur. Pour être heureux dans la vie, il faut composer avec les circonstances de notre existence, avec son lot de joies et de peines. L’engagement est une façon d’exprimer nos valeurs personnelles, de donner un sens à nos souffrances, l’engagement permet le bonheur car chacun/e de nous a pour mission de mener à bien une tâche concrète, unique et, de ce fait, il/elle ne peut être remplacé/e dans cette recherche. La vocation de chacun(e) est donc unique tout comme sa façon de la réaliser. Car je sais que si je ne continue pas à avancer, c’est moi-même que je lâche. Or, je m’aime et je veux me faire plaisir en étant contente de moi. M’aimer signifie m’accepter telle que je suis et j’accepte de me remettre en question car tant de choses ont évolué et j’ai tellement à apprendre des autres. Tout cela contribue à me construire un mental positif. Nous faisons face à une question que lui pose l’existence et il ne peut y répondre qu’en prenant sa vie en main. La responsabilité de ma vie comme essence même de mon existence humaine. Le seul moyen de ne jamais avoir soif c’est de devenir source.                                                                                                                                                                                                   Gisèle, Liège 
 On se demande parfois si la vie a un sens… et puis on rencontre des êtres qui donnent un sens à la vie.                                                                    Brassaï (photographe français 1899- 1984)
 

12:26 Écrit par Catherine Peyrac dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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