08/06/2008

A l'occasion de la Fête des pères...

 
Bonne fête aux papas! Peut-être l'un de ces deux livres pourrait-il les séduire... Idées...  Lire             En attendant les barbaresParu au début des années 80, ce superbe roman de J.M. Coetzee n’est pas sans rappeler « Le Désert des Tartares » de Dino Buzzati. Tout s’y passe en effet sous le signe d’une interminable attente vécue aux créneaux d’une forteresse militaire perdue, aux confins d’un empire aux aguets. Comme dans le « Désert des Tartares » aussi, cette attente emplit la vie des protagonistes au point qu’elle en devient peu à peu leur unique raison d’être.Là s’arrête la comparaison. Dans le roman de Coetzee, le magistrat en charge de cette « marche » limitrophe se voit adjoindre les services d’un colonel de la pire espèce, un inquisiteur tortionnaire chargé de débusquer l’ennemi (quitte à l’inventer de toutes pièces…).Le magistrat, homme probe à la conscience généreuse, tombe amoureux d’une des « rebelles », capturée et torturée.  Et, voulant aller au bout de sa conscience, deviendra à son tour victime de la folie meurtrière d’un système aveuglé par la haine et la peur, sinistres avatars, seuls garants semble-t-il de sa survivance.Si à l’origine, les propos de Coetzee avaient pour toile de fond la politique sud-africaine d’apartheid, il va sans dire qu’ils trouvent aujourd’hui une résonance intacte. Peur de l’autre, diabolisation de l’inconnu, disproportion aveuglante entre fins et moyens, faux semblants et fausses raisons : tous ces ingrédients nous sont – malheureusement – parfaitement familiers en ce début de XXI e siècle. A l’œuvre aujourd’hui encore aux quatre coins de la planète, d’usage courant entre les mains de grands Etats démocratiques, ils favorisent à tout coup l’expression des ressorts les plus sombres de la nature humaine.Avec « En attendant les barbares », Coetzee nous livre une parabole lumineuse de la lutte entre le bien et le mal. Une lutte complexe, déchirante, fulgurante. Sur laquelle il ne faut surtout pas se fermer les yeux. Bonne lecture.                                                                                                                                            Pierre RenierJ.M. Coetzee, En attendant les barbares, Le Seuil, Collections Points, N° 720, 249 pages,  7 euros.             Tout compte faitOn connaît l’avocat, engagé, fougueux, passionné. Peut-être connaît-on moins l’écrivain. C’est dommage car Michel Graindorge, au Barreau depuis septembre 1965, développe une plume érudite, belle, vive et attachante. Il livre aujourd’hui un ouvrage personnel et intime qui invite à sa découverte dès même l’introduction Voici donc un livre qui n’a d’autre ambition que d’éclairer quelque peu mes nuits et de me persuader encore un peu plus de l’extraordinaire cheminement de notre vie. Je n’aurai pas assez de temps pour comprendre et pour m’indigner… je m’efforce de comprendre, j’affine sans cesse mes connaissances et je me laisse porter par l’amour.  Michel Graindorge a choisi de nous prendre la main et de nous guider dans ses réflexions mûries au fil de rencontres pour lui essentielles. Des mots servent de têtes de chapitres : femmes, avocat, Hurtebise, communiste, Belgique, Dieu, psychanalyse, Verviers, Jésus… Soit vingt-six pistes ouvertes pour pénétrer quelque peu l’intimité d’un homme qui dresse le bilan d’une vie qu’il ne cesse de saisir à bras le corps dans son intensité, sa fulgurance, son impermanence, sa beauté. Dans ses cadeaux - l’un des plus merveilleux étant certes son fils Robin, son troisième enfant né alors qu’il avait atteint la cinquantaine : J’ai envie d’écrire ici combien depuis ta naissance tu bouleverses ma vie. Dans ses interrogations, ses recherches, ses doutes. Toutes les explications que l’on me donne depuis l’enfance ne me satisfont pas et plus j’avance dans le temps, plus je me demande comment on ose prêter à Dieu tant d’incohérences, tant de malignité, tant  de perversité aussi puisque à ce jeu de la vie et de la mort, il semblerait que Dieu soit toujours gagnant. Gagnant certes, mais à quel prix… Mais ailleurs, il affirme son adéquation à Jésus un homme s’est levé un jour en Palestine. Il a parlé avec insistance du royaume de Dieu. Il s’est jeté à corps perdu dans notre humanité. Il nous a dit qu’il ne fallait craindre ni le malheur ni la mort. De cet homme-là, peut-être Fils de Dieu, je me sens pleinement solidaire.Au fil de textes inspirés, qui prennent parfois des allures de confidences, guidés par un sens de l’humain et de l’amour de la vie aiguisé, c’est en quelque sorte à la rencontre de nos propres choix ou interrogations que nous avançons. Sans doute est-ce aussi cela qui fait de ce livre un compagnon à parcourir avec attention, intérêt, tendresse et douceur. Et sans doute parviendrons-nous à la même conclusion que l’auteur Au soir de ma vie, quand je résumerai ma démarche, je pourrai dire simplement  « J’ai essayé d’aimer »*. * Les citations en italiques sont de l’auteur                                                                                                                                                                       Paulette DubrulleMichel Graindorge  « Tout compte fait »  Ed. Couleur Livres 2008  142 pp   14€                                                                                                                                                                                                                                                  13                                                                                                                                                        

 

10:05 Écrit par Catherine Peyrac dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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