11/09/2009

Procrastiner?

Le thème choisi pour notre dernière Lettre d'Amitié s'attache à la procrastination... Il nous a valu de nombreux appels et réflexions car le mot, en lui-même, interpelle. Il est en fait peu connu... Mais dès que l'on sait qu'il signifie "Tendance à tout remettre à demain..." , nous sommes plusieurs à nous y reconnaître quelque part. Nous vous offrons donc, à ce propos, l'article signé par notre amie de Liège, Gisèle. Bonne lecture!

  

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ne forme de résistance passive…

               

             Une amie de SolAm nous demande de traiter ce sujet. Humblement, j’avoue ne jamais avoir entendu ce mot, si difficile à prononcer et, encore moins, ce qu’il veut dire. Le dictionnaire donne comme définition : ‘tendance à ajourner, à remettre au lendemain.’ C’est un peu court pour éclairer ma lanterne, alors je vais voir sur Internet et là je trouve que c’est un terme de psychologie et que la procrastination relève de la psychiatrie. Hop c’est déjà mieux ! Je téléphone à un ami psychiatre et il prête trois énormes volumes, intitulé ‘Psychiatrie analytique’, traitant du sujet. Je n’ai pas lu les trois livres, non, mais j’y ai trouvé des choses bien intéressantes que je vous partage ici.

Cette tendance apparaît souvent au cours des études dès que la personne doit gérer elle-même son activité et prendre la responsabilité de sa production. Les procrastinateurs sont, en général, des perfectionnistes ou (là, je suis sciée !) des millionnaires. Le perfectionniste attend trop de lui-même et il a peur de ne pas répondre à ses exigences de perfection. Le millionnaire est souvent paresseux et attend qu’un autre fasse le travail à sa place.

Les raisons probables de cette attitude consistent en une forme de résistance passive à toute fourniture de performance. Elle peut-être due à un état dépressif latent. On devient procrastinateur pour échapper à la frustration, pour protéger son estime de soi, pour résister aux autres, pour vivre sans stress. Elle peut être induite aussi par la peur. Peur de l’échec, peur de la réussite, peur de perdre le contrôle, peur de l’isolement ou pour défendre son intimité ou plus simplement par goût du jeu. Il faut aussi différencier le procrastinateur passif et l’actif. L’actif effectue ce qu’il a à faire dès qu’il peut le faire, tandis que le passif n’agit que là où il est porté par l’émotion. Fernand Sardou a interprété une chanson abordant ce sujet ; ‘Aujourd’hui peut-être… ou alors demain’, un succès dans l’entre deux guerres.

Il y existe des solutions pour lutter contre cette déviance : se motiver en changeant sa façon de penser. En faisant une liste des tâches et les classer par ordre de priorité. Se faire la promesse de finir la tâche commencée. S’accorder une récompense ou un plaisir une fois le travail fini. Se mettre au travail au moment de la journée où on est le plus en forme. Supprimer dans l’environnement tout ce qui est susceptible de distraire l’attention. Se fixer des objectifs réalisables. S’octroyer des pauses de repos afin de ne pas se décourager trop vite.

Oufti ! Ce n’est pas facile, ni à comprendre ni à ‘guérir’.

Voici je suis moins idiote qu’il y a quelques jours et merci à toi Amie de SolAm d’avoir demandé ce sujet.

                                                                                  Gisèle, de Liège de SolAm

 

C'est parce qu'on imagine simultanément tous les pas qu'on devra faire qu'on se décourage, alors qu'il s'agit de les aligner un à un.  Marcel Jouhandeau, écrivain, 1888-1979

 

 

09:43 Écrit par Catherine Peyrac dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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