26/03/2010

Echos d'un cinquième anniversaire

Une grippe, des préparatifs actifs...Une Lettre d'Amitié à terminer... Et voilà un blog négligé.

Le cinquième anniversaire de SolAm nous laisse le coeur rempli de joie. La fête fut belle, chaleureuse, conviviale, amicale. Nous vous transmettons ci-dessous le compte-rendu fait presque sur le vif et paru dans la Lettre 35 postée ce jeudi. C'est un peu long... Mais nous ne vivrons plus pareille rencontre avant cinq ans; si nos membres, bien sûr, nous prêtent vie. Cette fête des cinq ans, nous la leur dédions. Elles et ils sont les ferments, l'âme de SolAm. Sans eux rien ne serait possible. 

C

olette Nys-Mazure enchante les 5 printemps de SolAm

 

                 Comment décrire pareille ambiance ? Il faut la vivre, la ressentir, la partager ! L’anniversaire de SolAm nous a valu de belles,  de bonnes,  de vivifiantes émotions. Il suffisait de voir les sourires sur les lèvres et dans les yeux, de recueillir un mot, une phrase, une pression de main… Pour toutes et tous, la fête avait un sens. Un sens qui tient en quelques mots : joie d’être ensemble, de se retrouver, de se dire : Comment vas-tu ? Que deviens-tu depuis notre dernière rencontre ?  Il régnait une douceur incontestable au cœur de cette journée qui marquait l’arrivée du printemps et saluait officiellement les cinq ans de notre association SolAm. Régnait aussi une fébrilité certaine car toutes et tous attendaient avec impatience notre invitée du jour, Colette Nys-Mazure, belle et grande écrivaine belge qui avait choisi de nous dire avec cet enthousiasme chaleureux qui est sien : C’est aujourd’hui l’âge de vivre !

 

Comment tout a-t-il commencé ? Celles et  ceux qui nous suivent depuis les premières heures n’oublieront jamais cette journée chez notre amie Elisabeth, à Soignies. Suzanne van der Mersch et Pierre de Locht nous rejoignaient, une caisse en carton sous le bras et dans le regard la lumière de l’amitié et de la complicité. Ils nous apportaient la première « Lettre d’Amitié ». Elle n’avait que quatre pages.  Mais elle était la première, celle qui marquait nos premiers pas et signait notre engagement. Pierre et Suzanne, depuis, nous ont quittés, mais jamais nous n’oublierons la confiance qu’ils nous ont témoignée, les encouragements qu’ils nous ont prodigués, l’indéfectible amitié qu’ils nous ont offerte et manifestée.

La suite, vous la connaissez. Ce sont les rencontres, à Bruxelles et à Liège. Ce sont les buffets de Noël, les repas de début d’année qui accueillent de nombreux membres désireux de passer d’agréables moments. Pour plusieurs, ce sont les seuls moments de fête…

SolAm, ce sont, surtout, au fil des mois, des liens qui se créent, se nouent, s’affinent. C’est surtout une formidable aventure humaine. Dira-t-on assez à quel point la solitude, pour qui la vit, la ressent au plus profond de son être est pénible ? Imagine-t-on les jours, les soirées, les week-ends interminables, sans une visite, sans un appel téléphonique, sans un projet ? Certes, SolAm n’a pas la prétention de pouvoir guérir toutes les souffrances inhérentes à une solitude qui s’exprime dans la douleur du rejet ou de l’abandon. Mais elle peut apporter des idées de découvertes, de promenades à faire ensemble, des instants à partager autour d’un film, au cœur d’une réunion, des ouvertures, un clin d’œil amical, des portes ouvertes…  Tant de choses, parfois infimes, mais qui font du bien. Et plus on s’implique, plus on participe, plus les liens se dessinent, se créent et s’intensifient. Et nous ne pouvons que dire ici à celles et à ceux qui hésitent à se joindre à une activité, n’ayez pas peur de venir, de rencontrer des personnes que vous ne connaissez pas encore, l’accueil est toujours chaleureux. En outre, et nous sommes heureuses de le souligner, au fil des mois, de véritables amitiés sont nées. Des amies se retrouvent indépendamment de nos réunions, pour un film, un repas, un plongeon dans la piscine, un soin SPA… La solidarité aussi s’est installée et plusieurs membres nous ont confié avoir reçu une aide spontanée à l’occasion d’une maladie, d’une hospitalisation, d’un déménagement, d’une fête à préparer… N’est-ce pas merveilleux ?

 

Tout cela, ce jeune passé qui est nôtre, ces rencontres, ces gestes qui unissent, nous voulions les célébrer avec nos membres. Pour leur dire Bon anniversaire ! Car l’anniversaire de SolAm, c’est aussi l’anniversaire de celles et de ceux qui vivent l’association.

C’est donc à La Fermette à Evere, beau lieu classé et entouré de nature, que nous avons planté le décor de la fête. Très tôt, le samedi, un quatuor de choc, souriant et déterminé, a gagné le site, placé tables, chaises, verres, assiettes, fleurs et décor. Il s’agissait que tout fut fin prêt pour 14h ! Ainsi fut fait, dans la bonne humeur. Et ce n’est pas le contact… inattendu avec une poutre qui aurait pu, l’espace d’une seconde, ternir ces moments de préparatifs, actifs, prometteurs. Au frigo, sont déposés boissons diverses et tartes. Sur les tables, quelques biscuits et œufs de Pâques. A l’entrée, plusieurs documents. Quand sonnent les douze coups de midi, tout est disposé, préparé. Bientôt les personnes désireuses de prendre part à la fête seront là.

Anne-Marie, Annette, Brigitte, Myriam assurent accueil et renseignements. Paulette a pris la direction de la gare du Luxembourg pour accueillir notre invitée d’honneur, Colette Nys-Mazure.

La fête d’anniversaire peut commencer.

 

La salle est pleine. On se salue. On échange. Bientôt, un brouhaha joyeux et heureux salue l’arrivée de notre invitée du jour. Attentive, Jeanine lui apporte un verre d’eau. Quelques mots d’accueil prononcés par Paulette et la conférence peut commencer. Directement, entre Colette Nys-Mazure et son auditoire, on sent s’installer une réelle connivence, voire une complicité. On avait l’impression de former une grande famille nous dira Monique. Et Colette Nys-Mazure en faisait partie. Elle s’y est intégrée tout de suite. Nous étions bien, avec elle et elle parmi nous, avec nous.                                                                                                                                                                                                     

 

 C’est toujours l’âge de vivre souligne notre conférencière. Un enfant qui vient au monde est déjà âgé. En ce qui me concerne, je suis émerveillée d’être encore vivante. Vivre est un cadeau. Même si ce n’est pas toujours simple, la vie est un présent. Beau mot que présent, qui recouvre tant de choses. La notion de cadeau, de temps présent, de la conscience aiguë que l’on a d’être vivant, de vivre le moment présent, d’être au présent. Le terme présent suppose aussi une attention. Ce dernier mot inclut lui aussi bien des nuances dont l’invitation à la prudence et le respect de l’autre.

Venons-en à l’âge de vivre. Je ne veux rien gaspiller de ma vie. Aucun moment. Chaque âge est essentiel, a ses plaisirs. Je m’attacherai à trois directions : nécessité de la lucidité - dans lucidité, il y a lux, lumière. Il faut savoir garder les yeux ouverts. Voir, pour accepter le réel tel qu’il est. Il est bon d’être lucide à l’égard de soi-même ; s’aimer n’est pas simple. Il faut savoir ne pas se calomnier, attiser ce qui vibre en nous. Il importe de faire preuve aussi de lucidité face à ce qui nous entoure : ainsi, le « dieu » de l’économie…

J’aime aussi parler d’une invitation à la résistance. Résistance au regret. Se tourner vers le passé - j’aurais dû, pu…- n’est pas toujours bon. Résistance aux rancunes. Ne pas ressasser, en vouloir aux autres, mais tisser des liens. Résistance aux remords, on a fait du mal aux autres, à soi… si on est entré dans le pardon, il ne faut pas piétiner dans les égouts. Résistance à la peur. Il en est tant. Peur du noir, des voleurs, de la disparition des parents, de ne pas aimer, de ne pas être aimé, de ne pas trouver un métier, de ne pas réussir sa pension… Derrière toutes ces peurs, il y a celle de la mort. Aujourd’hui, les médias entretiennent la peur de la violence. Mais celle-ci était tellement plus présente au moyen-âge ! Résistance à la morosité. Résistance aux rumeurs, à tout ce qui veut qu’aujourd’hui soit moins bien qu’hier. Résistance à la convoitise. Ici, nous  sommes éternellement locataires. Locataires de nos biens, mais surtout de notre propre vie. Résistance à cette volonté qui veut faire de nous des consommateurs effrénés en s’exerçant à une certaine sobriété. Résistance aux formes perverses de la solitude, ce que fait SolAm.

Solitude… Seul. Dans ce mot, il y a quatre lettres, quatre définitions de la solitude. S comme solitaire, c’est-à-dire seul par goût de la solitude ; E comme esseulé, c’est-à-dire seul parce qu’abandonné des autres ; U comme unique, seul de son espèce ; L comme libre, c’est-à-dire seul à décider. (Michel Hannoun*)  

Colette Nys-Mazure évoque ici Marguerite Yourcenar Qu’on n’accuse personne de ma vie, disait-elle. Nous vivons tous avec nos cicatrices. Que faisons-nous avec cela ? Comment ne pas parler de Boris Cyrulnik et du concept de résilience ? Pour être résilient, il faut un capital d’amour au départ ; exprimer sa souffrance, la sortir de soi ; rencontrer des tuteurs de résilience. Ces facteurs de résilience sont des personnes qui nous aident à nous redresser, sans même parfois qu’ils en aient conscience.

Il est bon aussi que nous soyons des éveilleurs, des veilleurs, des émerveillés. Trois mots qui contiennent tellement de sens de vie. Garder en soi le goût de la vie, le réveiller chaque jour. La mettre au centre de nos capacités d’éveil. Être des veilleurs, être là, réconforter. Être émerveillés, en toutes circonstances. Même l’insomnie peut offrir des ouvertures d’émerveillement. Ne pas avoir le regard ailleurs. Parfois, souvent même, on a besoin de séparations pour retrouver ce qui a été masqué par l’usage, l’usure. Il y a sujet à émerveillement partout, sans cesse… Le poète Norge parlait de l’hiver, cette saison où les arbres sont en bois .Colette Nys-Mazure qui a illustré son propos de plusieurs extraits lus, conclut en retenant quatre mots.

Amour. Veiller, ne pas colporter des rumeurs, aimer ceux qui sont là, le leur dire…

Humour. Prendre la vie au sérieux, mais non au tragique. Heureux ceux qui savent rire d’eux-mêmes, ils n’ont pas fini de s’amuser.

Bonté. Elle va de pair avec l’amour. Bienveilla          nce. Eviter de ressasser. La vie est bonne.

Beauté. On a besoin de beauté autour de nous, pour respirer, pour exister. Elle n’est en rien liée au luxe…

 

Très applaudie, Colette Nys-Mazure s’est prêtée avec le sourire à la séance de dédicaces. Les livres mis en dépôt pour SolAm par la librairie A Livre Ouvert se sont arrachés avec enthousiasme, auprès de Sabine et de Paulette. 

Vint ensuite l’heure de partager tartes - venant de chez Cnop à Evere, elles ont remporté une adhésion absolue -  boissons de fête, œufs de Pâques et odorants mini-cakes confectionnés par Jeanine.

Mais déjà, il est l’heure de se quitter. Derniers sourires, derniers commentaires… On a vécu un moment de joie et de bonheur. A bientôt, pour d’autres rencontres, avec SolAm.

* « Ce petit mot pour te remercier pour la belle journée d'hier, ce fut une réussite pour tous, je crois. Quelle personne fantastique que Colette Nys-Mazure ! Je l'avais déjà entendue à Brialmont mais ce fut d'autres mots, d'autres expressions ! Extraordinaire que de rencontrer de ces personnes 'tuteurs'.

Comment peut-il y avoir encore de la morosité dans notre Belgique après avoir entendu ceci ? »   (Gisèle)

* Ce fut à tous points de vue une journée printanière où les sourires de SolAm, tous suspendus aux lèvres de l'invitée d'honneur Colette-Nys-Mazure, ont contribué à la réussite de cette première grande fête d'anniversaire. Grand merci. (Josianne et Patricia)

* L'anniversaire de SolAm restera longtemps dans ma mémoire. C'était formidable. (Jacqueline)

* Merci pour tout ce que SolAm m'a apporté et m'apporte...(Myriam)

                                                                     Anne-Marie, Chantal, Elisabeth, Gisèle, Paulette

 

 

07:57 Écrit par Catherine Peyrac dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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