23/08/2011

A p^ropos du respect

 

R 

espect des autres, respect de soi…

 

                            Le travail d’une vie !

 

 

 

                  Il semble que ce soit l’une des valeurs les plus unanimement souhaitées… L’être humain, quel qu’il soit, quels que soient son sexe, son âge, sa nationalité, sa position sociale, souhaite, revendique le respect. Nous ajouterons de suite qu’il y a droit. Légitimement droit. Mais que sous-tend cette notion de respect ?  Comment la ressentons-nous ? Comment l’appliquons-nous ? Tant de questions qui ne trouvent pas une réponse toute faite car selon la personne qui veut être respectée, qui a besoin d’être respectée, les dimensions de sens et de manifestations varient. Normal quand on se souvient que le respect touche aux multiples domaines de l’existence : social, affectif, philosophique, moral, économique…

 

                 Si nous nous remémorons les synonymes du terme, nous trouvons égard, considération… Ici, les contours et le nœud du mot respect se dessinent avec plus de précision. Quand nous voulons être respectés, nous voulons qu’on nous prenne en considération, que l’on nous traite avec les égards auxquels nous pensons avoir droit. En fait, nous souhaitons exister vraiment aux yeux des autres, aux yeux de l’autre. Exister en tant qu’être humain dans sa pleine acception. Or, force est de constater que ce n’est pas toujours le cas. Loin de là !

 

Nous qui lisons ces lignes, nous sommes passés par les années d’enfance. Nous sommes-nous toujours sentis respectés dans notre intégrité d’enfant ? Pour peu que nous acceptions d’être honnêtes avec nous, nous répondrons par la négative. Que de fois avons-nous été contrariés dans nos aspirations !  Que de fois avons-nous dû, souvent en pleurant, obéir à des ordres que nous ne comprenions pas ! Souvenons-nous, intérieurement, nous pensions ou hurlions : c’est pas juste !

 

                Est-ce dire que nos parents voulaient nous manquer de respect ? Certes pas ! Ils agissaient en vertu de ce qu’ils pensaient être notre bien. D’ailleurs, plusieurs de ces notions que nous trouvions injustes alors trouvent aujourd’hui grâce à nos yeux et il n’est pas rare que nous les intimions à nos propres enfants ou petits-enfants. Des exemples ? Dis bonjour ! N’interromps pas la personne qui parle ! Il en est tellement d’autres qui, en fait, forgent des règles du bien vivre en ensemble. D’ailleurs, ne sommes-nous pas atteints lorsque quelqu’un nous coupe la parole sans nous avoir permis de nous exprimer jusqu’au bout ? Que de fois des débats, politiques surtout, nous importunent tout simplement parce que nous ne comprenons plus rien de ce qui s’exprime, chacun parlant en même temps… Si nous voulons être respectés, respectons… Ecoutons l’autre. Laissons-lui le temps de présenter et défendre ses arguments. Nous pourrons ensuite apporter une réponse,  négative ou positive aux thèses proposées. Mais nous aurons traité notre interlocuteur avec respect…

 

                Nombre de personnes âgées se sentent victimes d’un manque flagrant de respect. Il faut, hélas !, reconnaître que ce sentiment se justifie souvent. On ne les écoute plus, donc on ne les entend plus. Tout au plus, les gratifie-t-on d’un sourire quelque peu ironique. Tout cela, c’était de ton temps, le monde a changé, t’es plus dans l’coup  Souvent, la sagesse leur dit de ne pas relever, mais au fond d’elles-mêmes, elles se sentent incomprises, mises de côté… Et elles en souffrent. Dès qu’elles deviennent dépendantes, elles doivent se soumettre aux soins prodigués par des proches ou des professionnels. Ceci ne se fait pas toujours dans le respect. Que de fois, si nous y sommes allés en visite, n’avons-nous pas constaté au sein de maisons dites de repos, ou de retraite, à quel point on infantilise certaines personnes ! Ailleurs, et cela est souvent dénoncé par les médias, il y a maltraitance, physique et/ou psychologique. Dès que des nouvelles de ce genre nous atteignent, nous ne pouvons dissimuler notre indignation. Agissons-nous ? Que pouvons-nous faire direz-vous ?

 

Si nous avons des parents en maison de repos, nous pouvons être attentifs, présents régulièrement. On ne sait que trop que les personnes esseulées, sans famille, sans visite, sont des cibles faciles.

 

                Je me rappelle un épisode vécu. Maman était hospitalisée ; l’infirmière entre dans la chambre… Un bref regard et Alors la p’tite dame, comment vas-tu aujourd’hui… On a bien mangé… Tu dois… Le hasard a voulu que j’assiste à cette interpellation… disons trop familière et infantilisante dans son expression. J’ai regardé l’infirmière et lui ai simplement demandé Et toi, comment vas-tu ?... Par la suite, elle n’a plus utilisé le tutoiement. Ce n’est pas que je trouve le tu indécent, loin de là. Mais il traduit une certaine intimité. Le vous, entre personnes qui ne se connaissent pas, est marque de respect.

 

             Un détail me direz-vous. Mais les détails de ce genre ont leur importance, particulièrement lorsqu’on est en position de faiblesse. Le respect signifie alors qu’on voit en vous une personne digne d’intérêt, de soins appropriés, d’égards…

 

            Les exemples de manque de respect sont multiples ; il en est de dramatiques, comme le viol et toute violence faite aux femmes, les crimes contre les enfants, les manquements aux droits de l’homme, le non-respect de toute vie, quelle qu’elle soit ; le non-respect des opinions philosophiques de l’autre, non-respect qui peut aller jusqu’au crime ; le non-respect de la propriété d’autrui, de l’environnement commun… Il est tant de domaines qui nous interpellent, voire nous concernent.

 

Pouvons-nous agir ? Certes ! Tout pas, aussi petit qu’il soit, toute prise de position qui implique courage et engagement, même si cela nous paraît dérisoire, a un sens. Mais peut-être l’oublions-nous trop souvent. Par indifférence, par peur, par négligence, par indifférence. Que de fois ne nous surprenons-nous pas à ne pas respecter une parole donnée, une promesse ? Que de fois ne respectons-nous pas un simple horaire, mettant l’autre ou les autres dans une situation difficile. Il suffit pourtant, de peu de chose pour changer ceci. Un coup de téléphone, une lettre si l’échéance est davantage lointaine.

 

            Nous n’apprécions pas la saleté. Nous abstenons-nous de jeter un papier, une canette… en rue ? Nous désirons exister aux yeux des autres ! Nous souhaitons être en bonne santé. Mais respectons-nous assez notre corps ? Nous voulons atteindre au calme, à la sérénité ? Faisons-nous, pour y parvenir, ce qui est bon pour nous ?

 

Nous souvenons-nous assez qu’un sourire ouvre bien des portes ? Que nous pouvons-nous engager pour apporter une aide, si infime soit-elle. Et nous pouvons aussi nous désengager lorsqu’une tâche se révèle au-dessus de nos moyens, contrairement à ce que nous avions initialement pensé.

 

Là, c’est soi-même que l’on respecte. Et c’est essentiel. D’ailleurs, si on ne se respecte pas dans une société qui est nôtre, comment pouvons-nous espérer que d’autres nous respectent ?

 

On le voit, le thème qui s’articule autour du respect est vaste. Il mériterait des milliers et des milliers de lignes. Signer celles-ci m’a, en tout cas, permis de me remettre certaines notions en tête et de m’interroger quelque peu…  Qu’est le respect pour moi ? Suis-je toujours dans le respect de l’autre et/ou de moi-même ? Dans quel/s domaine/s puis-je mieux faire ?... Bref… le travail d’une vie !…

 

 

 

Catherine Peyrac

 

in Lettre d'Amitié n°44

 

NDLR : Si le thème du respect vous inspire, n’hésitez pas à nous envoyer vos réflexions, vos textes. Nous y ferons écho avec joie.

 

L'amour n'est jamais contrainte
Il est joie, liberté, force
C'est l'amour qui tue l'angoisse
Là où l'amour manque naissent l'angoisse et l'ennui !
L'amour est emportement !
L'amour est enthousiasme !
L'amour est risque !
N'aiment pas et ne sont pas aimés
Ceux qui veulent épargner, économiser leurs sentiments.
L'amour est générosité !
L'amour est prodigalité !
L'amour est échange !
Qui donne beaucoup reçoit beaucoup car, en fin de compte,
Nous possédons ce que nous donnons !
Aimer n'est pas mutiler l'autre,
Le dominer, mais l'accompagner dans sa course, l'aider.
Savoir accepter l'autre tel qu'il est,
Être joyeux du bonheur qu'il trouve !
L'aimer dans sa totalité pour ce qu'il est,
Laideur et beauté, défauts et qualités !
Voilà les conditions de l'amour, de l'entente.
Car l'amour est vertu d'indulgence, de pardon et de
Respect de l’autre.

 

Martin Gray

 

 

 

Combien l’amitié mérite de respect et d’éloges ! C’est elle qui fait naître, qui nourrit et entretient les plus beaux sentiments de générosité dont le cœur soit capable.   Boccace      Le Décaméron.

***

Rien n’est avantageux qui te fait perdre le respect de toi-même.       Marc-Aurèle

 

 

 

 

 

 
   
   
   
 
   

 

 

 

21:50 Écrit par Catherine Peyrac | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.