25/07/2014

Regard sur la Lettre d'Amitié

Nous reproduisons ci-dessous l'édito de la dernière Lettre d'Amitié. La prochaine se termine... Nous serons à nouveau au rendez-vous de notre blog.

Bonne lecture à tous.

                            Ce samedi de mars était inespéré. Soleil un peu frisquet encore, mais lumineux. Une extraordinaire sensation de printemps et, quelque part, une envie d’autre chose. Envie diffuse certes, mais bien présente. Nous venions, à plusieurs, de visionner un film qui nous donnait matière à partages multiples et variés. Nous nous retrouvions, selon le rite d’une agréable habitude qui marque les Samedis du Cinéma de SolAm. Était-ce la complicité qui, au fil des rencontres, s’installe et s’affirme ? Était-ce la présence du soleil ?  Était-ce le désir, l’espace de quelques instants, d’arrêter le temps  et de savourer le moment ?  Un peu de tout cela sans doute. Mais en regagnant mes pénates - selon l’expression consacrée - je me disais qu’il était doux, de temps en temps… d’arrêter le temps. Qu’il était réconfortant de se laisser vivre, tout simplement, en laissant momentanément de côté les soucis du jour, les obligations réelles ou…moins pressantes qu’on ne le croit, pour vivre au rythme d’heures moins stressantes,  moins absorbantes, moins folles. Est-il toujours indispensable de courir ? De se dire qu’on n’a que peu de temps, ou pas de temps du tout, pour observer quelques haltes et, tout simplement, se laisser… vivre ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Que l’on soit travailleur actif, retraité, en couple ou solitaire, il semble que toutes et tous, nous soyons soumis à des obligations qui ne souffrent aucun délai. Le quotidien est désormais marqué par une course follement impérative contre le temps… Comme si, objectivement, on pouvait agir contre le temps. N’est-il pas infini et ne dispose-t-il pas, en ce, de tout… son temps ?

                           Regardons autour de nous. Tout est urgent. Chaque question, chaque  problème se doivent d’être réglés dans l’heure, voire dans la minute. La circulation, dans Bruxelles notamment, est une source quasi quotidienne de temps perdu dans le monde insensé des embouteillages. Les jeunes parents se doivent de veiller aux occupations de leurs enfants. Pour ce et pour peu qu’ils travaillent tous deux, ils inscrivent leurs jeunes enfants dans des crèches. Assister aux arrivées du matin et aux départs de la fin de journée est source de réflexion. Tout se joue en quelques minutes. On gare la voiture, on jette l’enfant dans ce lieu d’accueil et le soir, on le retrouve vite, très vite. Un câlin, un repas et au lit. Dans d’autres circonstances, on fait appel aux grands-parents. Certes, ceux-ci sont heureux  d’accueillir leurs petits, mais parfois, ils se disent que la retraite n’est pas vraiment conforme à ce qu’ils envisageaient. Leur amour pour leurs proches ne leur laisse pas toujours assez de temps pour vivre cette retraite telle qu’ils l’avaient pensée...

                           Les actifs, à savoir ceux qui ont un emploi, sont quant à eux dévorés par ce temps qui fuit dans les embouteillages, les obligations professionnelles, les échéances, les décisions à prendre… rapidement.

Partout, dans tous les domaines, quel que soit notre âge, nous retrouvons cette notion de vitesse.

Quant aux amis… Leur consacrons-nous assez de temps ? Les voyons-nous régulièrement ? Les écoutons-nous ? Ne leur disons-nous pas, trop souvent, on se verra plus tard… Ce plus tard, parfois, n’existera jamais. Il peut arriver qu’un jour, la fatalité nous sépare, définitivement, déposant alors en nous un goût amer de regret…

                           Cette obligation de vitesse, avons-nous envie d’écrire, fait désormais partie de notre vie, de notre environnement, de notre personnalité. Si, pour certains, besoin est encore de s’en convaincre, rappelons le livre de Jean-Louis Servan-Schreiber, Trop vite, dans lequel  il explore nos modes de vie aujourd’hui basés sur le court-termisme, et ce quels que soient notre âge, notre sexe, notre profession, nos désirs voire nos besoins.

 

 

                           Sa conclusion ? Le principal obstacle est en nous. Nous aimons la vitesse et le court-termisme nous arrange. Le salut de la démocratie et de l’espèce ne peut passer que par une transformation des valeurs et des comportements de chacun d’entre nous.

                           SolAm, modestement sans doute, mais avec foi et enthousiasme, propose à ses membres, des espaces de rencontres, de découvertes, de partages, d’amitié… Oui, d’amitié. Car l’amitié se construit. Au fil des jours, des semaines, des mois… Pour ce, il est essentiel de trouver, de prendre, le temps d’assister à ce que vous propose notre association, votre association. De trouver le temps de parcourir une exposition, un domaine… Et ce…de temps en temps. C’est ainsi que se créent des liens et que soudain, on sait que l’on a trouvé des interlocuteurs, des personnes à qui on peut téléphoner pour suggérer de vivre ensemble un cinéma, un concert, un théâtre, une promenade… et ce même si on est seul/e. Ces moments sont une joie qu’on offre non seulement à l’autre que l’on invite à les partager, mais aussi à soi.

                           Ceci, outre la camaraderie, voire l’amitié et la complicité, peut ouvrir bien des possibilités, bien des portes, bien des horizons. Dont ceux qui sont contenus dans cette devise qui a présidé à la création de SolAm : Ensemble, contre la solitude, par la solidarité et l’amitié.

 

Hâte-toi de bien vivre et songe que chaque jour est à lui seul une vie”

Sénèque

 

 

 

 

20:27 Écrit par Catherine Peyrac dans Amitié | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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